Grand Est : Des mètres carrés à petits prix !

Plusieurs secteurs ruraux du Grand Est figurent parmi les moins chers de France au m². Réjouissant ?

Pas sûr. Les prix sont en effet le miroir de l’attractivité de ces secteurs.

À la sortie du village, les parpaings d’une maison en construction s’inscriraient presque à contre-courant. Morizécourt, une petite commune des Vosges à la frontière de la Haute-Marne, vient de se voir décerner une palme inattendue par le magazine Challenges. Cette commune rurale de 114 habitants serait la moins chère de France, avec 455€ du m².

À l’heure où les prix de l’immobilier redémarrent (+3 % sur le territoire français en moyenne depuis 18 mois) grâce aux taux d’intérêt attractifs, des affaires immobilières intéressantes peuvent être dénichées dans certaines zones rurales… si l’on considère le seul argument du prix. L’analyse est évidemment moins emballante dans la réalité, la faiblesse des prix reflétant d’abord un ensemble d’indices économiques et sociaux. L’absence d’attractivité touristique, le vieillissement de la population, le faible pouvoir d’achat et surtout la morosité de l’emploi expliquant cela. Des prix bas liés au degré d’attractivité

Pas un hasard, d’ailleurs : armé des chiffres du site meilleursagents.com, le magazine recense une bonne dizaine de villages de ce secteur rural qui affichent des prix moyens au m² défiant toute concurrence. Tollaincourt, Rocourt, Rozières-sur-Mouzon, Serécourt ou Lamarche (485 €) oscillent dans des proportions voisines. La moyenne en France se situe autour de 2 500 € du m²

Plus au sud, pas de quoi se réjouir davantage en Haute-Marne ou dans certaines communes de la Meuse, qui figurent parmi la fourchette basse : à peine plus de 500 € du m² en moyenne. Longtemps agent immobilier, Didier Courrèges a fait le choix de réorienter partiellement son parcours professionnel. « Ces chiffres sont à rapprocher du degré d’attractivité faible de ces régions, hélas, déplore-t-il. Il n’est pas rare de voir de très belles maisons rester plus d’un an en vente faute d’acheteur. » À Coiffy-le-Haut, un secteur viticole plus coquet, le mouvement est tempéré par les achats des touristes néerlandais en quête de calme, de sérénité, et de… bas prix. « Les Néerlandais sont parmi les plus durs négociateurs », poursuit le professionnel.

Or, dans le secteur « c’est l’acheteur qui fixe les conditions », estime l’agent immobilier Noël Dourdin. « Quand je parle des tarifs de notre zone à mes collègues du reste de la France, j’en surprends plus d’un. Il arrive qu’on vende des maisons à moins de 400 € du m². Quand on a un budget compris entre 80 000 et 150 000 €, on parvient à avoir des produits impeccables ».

Conséquence de la situation économique difficile : le peloton de queue des tarifs immobiliers de l’analyse se concentre sur des secteurs des Vosges, de Haute-Marne, de la Meuse et de Haute-Saône. Difficile d’y lire l’effet d’une simple coïncidence géographique.

Article du Républicain Lorrain, auteur : Antoine Pétry

17/10/2017